Bien préparer la transmission de votre entreprise

Bien préparer la transmission de votre entreprise

Six étapes essentielles pour préparer votre succession et ne pas la subir.

Avant de transmettre sa société, il incombe au cédant de faire en sorte que la mariée soit belle. L’idée n’est bien évidemment pas de « maquiller » la réalité, mais au contraire de ne rien cacher et de faire en sorte que la société soit transmissible dans le meilleur état possible.

Ce processus comprend plusieurs étapes:

  1. La planification. C’est sur ce premier point que le cédant devra être prêt à lâcher prise émotionnellement pour mener à bien le long processus de transmission de son entreprise. A cette seule condition il pourra commencer à préparer son avenir et à chercher d’autres buts et/ou d’autres passions. En résumé, il est primordial de préparer     « l’après ».

  2. La préparation. En premier lieu il faut faire un état des lieux de la société, qui permettra de retraiter le bilan si besoin et d’apporter toutes les mesures de changements nécessaires comme d’adapter la structure juridique ou de commencer à sortir la substance non nécessaire à l’exploitation de la société ou encore, par exemple, de procéder à une adaptation du plan de prévoyance du cédant lui permettant de réaliser des rachats d’années manquantes ce qui permet d’utiliser les liquidités accumulées dans la société et qui ne seront bien évidemment pas reprises par le repreneur.

  3. La valorisation. Il existe plusieurs méthodes: l’approche patrimoniale qui sera plutôt utilisée pour la valorisation de petites entreprises; l’approche par les flux qui tiendra compte des rendements actuels et futurs et l’approche de marché qui se basera sur des transactions similaires au type et à la taille de la société à remettre. Il y a également la méthode des praticiens, très appréciée tant par le cédant que par le repreneur et qui prend en compte les rendements futurs ainsi que la valeur du patrimoine, chaque partie y trouvant son compte. Il est conseillé d’utiliser plusieurs de ces méthodes et de faire une moyenne des valeurs ainsi obtenues. Il est également conseillé de faire appel à 2 ou 3 fiduciaires pour  effectuer ce travail afin de comparer les chiffres obtenus.

  4. L’identification du ou des repreneurs. Sur ce point, il est très important que le cédant se laisse le choix entre plusieurs options. Les repreneurs peuvent être des membres de la famille, des cadres de l’entreprise, des cadres de sociétés concurrentes et/ou des investisseurs financiers ou industriels. Le prix de vente pourra varier en fonction du repreneur. Par exemple, un concurrent sera disposé à mettre le prix pour “s’offrir” un compétiteur ce qui ne sera pas forcément le cas si c’est un membre de la famille qui rachète la société.

  5. La mise en place de la partie formalités. Cela commence avec la signature d’une lettre d’intention, la réalisation d’une due diligence, la négociation avec l’acheteur, la définition des modalités de paiement et enfin la rédaction des contrats. Pour cette partie il est indispensable de faire appel à des spécialistes du domaine.

  6. Et enfin, l’accompagnement du repreneur et la sortie progressive du cédant.

Pour traiter tous ces points le cédant aura besoin d’être bien entouré car la transmission d’une entreprise nécessite des compétences très pointues dans des domaines aussi variés que la comptabilité, la fiscalité, la prévoyance, le droit matrimonial, le droit des successions, le droit commercial, le droit des contrats, le droit des brevets, le droit de la propriété intellectuelle et cette liste est loin d’être exhaustive.

 

Idéalement, le cédant devrait déléguer le processus de la transmission à un tiers hors du cercle familial et de celui l’entreprise, une sorte de confident “chef d’orchestre” dont les avantages sont multiples.

Cette personne aura pour rôle principal de coordonner les différentes étapes de la transmission ainsi que les actions des différents intervenants durant le processus avec tout le recul nécessaire.

 

L’avantage non négligeable de passer par un tiers est que celui-ci n’aura pas la charge émotionnelle du cédant qui pourrait s’avérer bloquante dans les différentes étapes de la transmission. Par son approche globale ce confident pourra également anticiper les conflits et il pourra servir de « pare-feu » lors des premières négociations avec le repreneur.

 

En se préparant de la sorte, le cédant gardera la maîtrise de la transmission de son entreprise au lieu de la subir.

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